Où êtes_vous...


Ce blog n'a pas d'autre but que de présenter aux éventuels visiteurs un aperçu de ce que j'aime créer. Vous trouverez essentiellement sur cette même page des poèmes ou des textes, nouvelles, récits et autres formes d'écrits. Car j'ai la passion de ces formes d'expression. Je ne prétends à rien d'autre qu'au plaisir de faire partager à qui veut cette passion. Sur les autres pages de ce blog, mes dessins et peintures, mes photos...Voilà, bonne visite, vous êtes les bienvenus, et si le coeur vous en dit, laissez vos impressions, vos commentaires, quels qu'ils soient, positifs ou négatifs. Et merci d'être passés !

samedi 25 février 2023

Être là.

 

Au milieu de plus rien

Dans la lumière blonde

D’un mystérieux matin

Et embrasser le monde,

 

Et respirer la vie

Au rythme de son cœur ;

Hors des chemins suivis

Apprivoiser ses peurs

 

Et leur dire merci.

Être là, simplement,

Loin des ailleurs, ici,

Sans pourquoi ni comment

 

Et que, tout doucement

S’effacent les chagrins ;

Attendre patiemment

Au milieu de plus rien,

 

Être là…

Encore!

 

Ton corps.

Chatoiement des couleurs

Aux braises de la nuit,

Larmoiement des douleurs,

Douces perles de pluie.

 

Je mords

A tes fruits défendus

Sans jamais m’en repaître

Mais c’est peine perdue

Ou retrouvée, peut-être.

 

Au nord

De ton épaule nue,

Tatouée, une lettre,

Initiale ténue

Qui me fait disparaitre.

 

Je sors

De ta vie comme en mer

Pour mieux te retrouver

Aux portes de l’enfer,

Dans tes yeux délavés.

 

La mort,

Infime éternité

Entre nos deux abîmes,

Brulante cécité

Aux flammes de mes rimes.

 

Du silence.

 

Du silence. A trancher

Comme on tranche du pain

Aux tables des fauchés.

 

Du silence. Au tapin

De ma colère noire

Avant qu’elle n’explose

En bris de désespoir

Et d’épines de roses.

 

Du silence. A vomir

Tripailles et boyaux

Avant d’aller dormir

Et cracher les noyaux

De ma bordée d’insultes

Au cul de la morale.

Sur des terres incultes

Pourrissent les pétales

De l’innocence pure

Et de la déraison.

 

Du silence. Et un mur

En pierres d’horizon

Pour enfermer nos rêves,

Fusiller nos espoirs,

Et l’avenir qui crève

Au début de l’histoire…

 

Du silence. Et encore

Du feu mêlé au sang

Que tu bois. Et la mort

Qui approche. Tu la sens ?

C’est la tienne. La mienne.

Tu as peur ? Et alors ?

Avant qu’elle s’en vienne,

Je te couvrirai d’or

Et puis je t’aimerai,

Peut-être. Oui, quand j’y pense,

C’est ça : Je t’aimerai

A mourir. En silence…

Des fleurs dans les cheveux.

 

Une vieille 4L pour prendre son envol,

Jeunesse « pattes d’ef » et fleurs dans les cheveux,

Dans le ciel du Vietnam à sang et à feu

Les B52 jouaient à pigeon-vole…

 

On se roulait dans l’herbe avant de la fumer,

On faisait l’amour, pas la guerre, « US go home ! »,

Flower power, l’homme n’est plus un loup pour l’homme,

On était doux rêveurs, poètes, allumés.

 

On se disait : « Il n’est peut-être pas trop tard

Pour changer ce putain de monde, peace and love »,

On écoutait Joan Baez et Anne Vanderlove,

A Woodstock Hendrix atomisait sa guitare.

 

Il ne reste plus rien aujourd’hui de nos rêves,

Brother est devenu big et nos utopies

On nous les a volées. Le mouvement hippie

Est mort depuis longtemps et notre monde crève…

 

La haine est partout, et la guerre et la torture,

Au nom de Dieu, du fric, de l’eau, des métaux rares,

Climat, virus, on le savait. Il est trop tard,

Sueur, larmes, sang, Blood, sweat and tears, no future…

 

On se roulait dans l’herbe avant de la fumer,

« Pattes d’ef » et fleurs dans les cheveux, peace and love,

On écoutait Joplin et Anne Vanderlove,

On était doux rêveurs, poètes, allumés…

 

Attente.

 

Pour se délivrer

De ces temps moroses

Savoir s’enivrer

Du parfum des roses,

 

Rêver d’un ailleurs

Très loin sur la terre,

Ecouter son cœur

Qui bat et se taire…

 

Attendre, espérer

On ne sait trop quoi,

Et parfois pleurer

Sans savoir pourquoi…

 

S’étendre au soleil

Et n’attendre rien,

Oublier  la veille

Et croire en demain…

 

Où pas…

 

Parler.

 

Parler pour ne rien dire, parler d’amour,

Parler à voix basse pour mieux se faire entendre,

Parler de tout, de rien, de soi, parler toujours,

Parler sans jamais pourtant se faire comprendre…

 

Parler du vent, de la pluie, parler du beau temps,

Parler à ton cul lorsque ta tête est malade,

Parler du bon dieu ou parler de Satan,

Parler en artiste en déclamant des tirades…

 

Parler de ce qu’on sait et de ce qu’on ignore,

Parler en essayant d’épater l’auditoire,

Parler de la vie, bien-sûr, parler de la mort,

Parler pour briller et pour montrer son savoir…

 

Parler avec style, avec grâce, éloquence,

Parler, parler pour ne jamais se sentir seul,

Parler comme une logorrhée… Putain, silence !

Se la fermer enfin quand on te dit : « Ta gueule ! »

 

Ma vie...

 

J’égrenais mes rêves nomades sur les routes

Dans l’errance sans fin de ma vie vagabonde ;

J’avais vingt ans et du vague à l’âme, sans doute,

Et le cœur conquérant, prêt à bouffer le monde.

 

Je n’avais peur ni de la vie ni de la mort,

Le soleil brillait et les filles étaient belles !

Je voulais tout, et plus, et encore et encore,

Et je m’enivrais d’idéologies rebelles…

 

J’ai vécu depuis de bien folles aventures

Qui se sont terminées parfois bien, souvent mal,

Mais j’écris l’histoire de ma vie sans ratures.

 

Si j’ai quelques regrets, je n’ai aucun remord.

Combien me reste-t-il à vivre ? C’est égal,

Et  je n’ai peur ni de la vie, ni de la mort…

 

Tout refaire.

 

Découdre le temps.

Déchirer le voile du passé,

Chiffonner la mémoire et la jeter dans la poubelle de l’oubli.

Réécrire les siècles et leurs légendes,

Lacérer la toile de l’histoire

Et la repeindre en espoir,

Mais trop tard.

Trop tard.

 

Alors,

Agenouillé au pied du Grand Mur,

Les mains dans la face,

Pleurer,

Pleurer,

 

Pleurer.

L'homme sur le pont rouge.

 

L’air est pur comme du cristal, le ciel est rose…

Sur le fleuve, l’automne enrubanné de brumes

A choisi les couleurs du tableau qu’il compose.

Immobile sur le pont rouge, un homme fume…

 

La ville s’éveille au loin, confuse rumeur

Presque inaudible, vague, comme dans un rêve…

Une sirène au loin, tellement loin, ailleurs,

A retenti, rompant le charme. Le jour se lève.

 

Bientôt, le monde aura repris sa course folle,

Alors, ces quelques instants rares qui m’émeuvent

Auront disparu, comme un oiseau qui s’envole…

 

Je fredonnerai ces mots, va savoir pourquoi :

« Huit milliards d’humains, et moi et moi et moi »

En jetant mon mégot dans les remous du fleuve…

 

Ma vie...

 

Il y a de belles vies, c’est une évidence,

Un peu comme il y a de belles écritures,

Des vies touchées par la grâce, comme une danse,

Une poésie dont on aime la lecture…

 

La mienne, de vie, est un mauvais brouillon,

Un roman sans titre, un poème inachevé

Et je verse mes grosses larmes de couillon

Pour n’avoir pas eu le courage de rêver.

 

Les mots que j’écris se perdent dans le néant,

Ils sont le sang noir qui coule de mes blessures

Et j’en viens presque à les aimer, maintenant.

 

Ils sont ce que je suis, ils sont ma signature

Et résument tout mon être parfaitement,

Un texte sans âme barré d’une rature.